La crise de la nuance par Abderrahim Bouzelmate : réflexions à l’aube de la nouvelle décennie



As-tu donc oublié que ton libérateur,

C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;

Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,

Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine

Il parle, plus d’esclave et plus de paria. [...]

Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,

Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,

Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !


Victor Hugo, Œuvres complètes (Tome II), « À qui la faute ? »



Source : Ibstock Junior School


L’enquête PIRLS (Programme international de recherche en lecture scolaire) évalue le niveau de la langue maternelle des écoliers du monde entier en quatrième année de scolarité obligatoire. En 2016, l’enquête dénonce la baisse globale du niveau de compréhension du français dans les classes de CM1 (1). Bien qu’au-dessus de la moyenne internationale, la France se trouve très en retard en comparaison des autres pays européens et des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, réunissant les pays les plus avancés économiquement).


Abderrahim Bouzelmate, professeur de lettres dans les quartiers nord de Marseille, publie en 2017 son livre La crise de la nuance (2017) aux éditions Les points sur les i. L’auteur y fournit quelques éléments de réponses sur l’origine de la crise de la nuance, mais cherche surtout à expliquer pourquoi une perte de maîtrise du langage et de la culture serait gravissime pour la France. Son livre est divisé en quatre parties, chacune décrivant une crise entraînant la « crise de la nuance » en France. Ici, je m'intéresserai à la crise de la nuance chez la jeunesse et les jeunes adultes. En effet, ce sont des périodes formatrices importantes participant à forger la personnalité et le citoyen qu’ils seront demain.

Abderrahim Bouzelmate, auteur du livre La crise de la nuance.



Pourquoi la nuance est-elle si importante ?


« La nuance, c’est la complexité par définition. Les rapports humains étant justement très complexes, ne pas les saisir de manière juste est un pas dangereux sur le chemin du rejet de l’autre, de sa condamnation et de sa haine. » (p.15)


Contrairement à une intelligence artificielle, le schéma de pensée d’un humain n’est pas binaire mais il est bien plus complexe : sa personnalité, son expérience, ses capacités, ses relations forment un ensemble complexe qui rend l’humain unique. C’est pourquoi les distinctions dualistes simplistes sont dangereuses. Toutefois, il semble que le monde devient de plus en plus manichéen : libéral ou conservateur. Gauche ou droite. Démocrate ou républicain. « Camp du bien » ou « camp du mal ». Ces camps semblent toujours plus extrêmes et polarisants, ils semblent réduire le débat au simple “nous contre eux”.


Pourtant, on ne trouve jamais deux camps mais autant de camps qu’il y a d’individus. C’est là qu’on trouve la nuance. Il est important de la préserver pour éviter de réduire l’individu à une cellule de la masse dépeignant une idéologie. La massification serait d’autant plus problématique car elle conduirait à une violence toujours plus extrême entre les deux camps.


Cette violence idéologique est apparue aux yeux du monde lors de l’assaut du Capitole en janvier 2021, incarnation et synonyme de l’existence d’une crise de la nuance. Cet assaut est révélateur d’un pays toujours plus fracturé où deux camps opposés semblent perpétuellement antagoniser l’ennemi toujours plus violemment. Il n’est pas seulement symptomatique d’une crise de la société américaine mais d’une crise de la nuance en Occident.



L’assaut du capitole par des partisans de Donald Trump. Source : AFP - Mostafa Bassim


Alors comment avoir les mots justes pour exprimer nos opinions ? Comment parler des idées et des conceptions que nous pensons juste si nous ne disposons pas de cette capacité à nuancer nos propos ? Comment comprendre l’autre si nous n’avons pas développé l’empathie nécessaire ? Les réponses se trouvent dans le livre de Abderrahim Bouzelmate : cela passe par la culture, le langage, l’éducation et la sensibilité. On pourrait croire que ces thèmes sont éloignés des problématiques actuelles mais leur décadence conduit au rejet et à la violence naissant de l’incompréhension de l’autre. Il est alors essentiel de les préserver car leur sauvegarde pourrait être la solution aux questionnements et incertitudes actuels.


L’appauvrissement de la culture


« La culture, à travers ses différentes expressions, doit agir en profondeur sur la conscience, et opérer de profonds questionnements [...] le simple fait d’être frappé en profondeur par une œuvre ouvre sur des réflexions à propos de notre monde [...] Point de nuance donc sans une culture qui éduque vers plus de profondeur et de subtilité intellectuelle » (p.14)


Le 10 juillet 2020, le ministère de la culture a publié l’étude “Cinquante ans de pratiques culturelles en France” montrant le déclin de la lecture chez les 15-24 ans par rapport aux générations précédentes. Entre 1997 et 2020, on estime que le nombre de 15-24 ans ayant lu un livre au cours des douze derniers mois a baissé de 20%.


Pierre Bourdieu parlait de « culture légitime » afin de désigner la lecture, le théâtre, la musique classique ou encore le cinéma. Cette « culture légitime » est en déclin face à la culture numérique. Dans cette étude, 45% des jeunes de 15 à 24 ans considèrent consommer de la culture uniquement par le numérique (jeux vidéos, vidéos en ligne, plateforme de streaming,...). Est-ce vraiment la bonne manière de consommer de la culture ?



Étude du ministère de la culture portant sur les habitudes de 15-28 ans, réalisée avant la pandémie (2)


En réalité, la fracture ne se trouve pas dans l’opposition entre la « culture légitime » et la culture numérique mais plutôt entre la culture consommée et la culture réfléchie. La culture aujourd’hui aurait, par égards, une fonction de loisir qui ne sert plus à remplir les esprits. Elle ne serait plus là pour faire réfléchir mais aurait seulement une fonction de distraction.


De nos jours, la « culture légitime » serait associée à une culture d’intellectuels et la culture numérique à une culture rapidement consommable, abrutissante, une culture passe-temps. La culture numérique n’est en soi pas mauvaise; c’est uniquement lorsque celui qui la consomme ne réfléchit pas à ce qu’il ressent en parcourant l'objet culturel qu’elle le devient. De même, la « culture légitime » qui n’est pas réfléchie n’a guère plus d’intérêt car elle est consommée sans être digérée. Notre intelligence doit être questionnée sur l'œuvre qui entre dans le champ de notre conscience : aller au musée sans prendre le temps de réfléchir sur ce que nous parcourons n’apporte rien à l’esprit. Notre rapport au monde est inconsciemment ou consciemment impacté par les œuvres que nous rencontrons seulement si nous les réfléchissons et non pas si nous nous limitons à les consommer.


Cette année a d’ailleurs particulièrement impactée la culture car la crise sanitaire a considérablement affaibli les lieux de culture « légitime » : les cinémas, théâtres, musées et opéras ont été vidés et les librairies sont fermées la moitié de l’année. Même si l’on commence à évoquer la réouverture de ces lieux de culture, les répercussions de leur fermeture prolongée commencent à être connues : changement d’habitudes des consommateurs, fermetures définitives, coupes budgétaires,... Le Groupement européen des sociétés d’auteurs et de compositeurs estime les pertes en 2020 liées au secteur de la culture à près de 200 milliards d’euros en Europe.


Malgré le travail des Etats pour limiter l’hémorragie, il y aura un impact inéluctable de l’épidémie sur la culture. On en voit déjà les premières retombées : les fermetures définitives de librairies au profit du commerce en ligne, la montée en puissance des plateformes de streaming au détriment des salles de cinéma, les salles de concert vidées depuis plus d’un an. L’UNESCO estime même qu’un musée sur dix dans le monde ne rouvrira pas après la pandémie.



La pandémie a entraîné la fermeture temporaire de plusieurs lieux de culture. Ici, le cinéma Max Linder Panorama et le théâtre des Nouveautés à Paris. Source : LCI


Au-delà d’empêcher aux habitués de s’y rendre et aux profanes de s’y initier, la pandémie restreint aussi toutes sorties scolaires dans ces temples de la culture. Ce sont pourtant des journées essentielles à l’initiation des écoliers à la culture, la rendant plus ludique et tangible, moins « oubliable » que dans une salle de classe à un âge où la transmission du goût de la culture est indispensable aux jeunes écoliers.



Un système scolaire qui ne remplit plus son rôle


« En France, on envisage toujours la transmission du savoir dans sa quantité et non dans sa qualité [...] Si aujourd’hui l’école est le lieu par excellence où l’on aide l’élève à tirer profit de son intelligence, on ne l‘envisage que dans un but utilitaire » (p. 33)


M. Bouzelmate déplore la disparition progressive de la langue et de la littérature dans les programmes de collège : la poésie et la dictée disparaissent, les langues anciennes et le théâtre sont devenus facultatifs et la littérature fait office d’ornement.


Évidemment, les élèves sont bien plus au point que leurs aînés sur certains sujets comme les sciences ou l’informatique mais ces sujets ne devraient pas pour autant aller jusqu’à éclipser l’étude de la langue et de ses nuances.


Au contraire, l’entreprise, qu’ils connaîtront quelques années plus tard, est composée d’un agglomérat de relations entre les employés. Ce n’est donc pas surprenant que la capacité d’un employé à communiquer et échanger soit toujours la compétence la plus demandée par les employeurs. Or, cette compétence demande une réelle maîtrise du langage et sa nuance afin de bien comprendre les enjeux et les rapports entre les différents agents de l’entreprise. Ce n’est donc pas un savoir inutile, bien au contraire d’ailleurs, il est primordial.



Pour aller plus loin, notre rédacteur Paul Haney a interviewé Abderrahim Bouzelmate, auteur de La crise de la nuance


Aussi, l’école a également un rôle de transmission des valeurs républicaines dont l’auteur déplore le recul. Dans ces valeurs, on inclut la devise de la France « liberté, égalité, fraternité », l’article 1er de notre Constitution : « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » ou encore les libertés des citoyens français comme la liberté de conscience ou la liberté d’expression. L’idéal républicain crée l’entente et la cohésion chez les écoliers grâce aux valeurs qu’il transmet : le respect de l’autre, de ses croyances, la fraternité… La cohésion inculquée par ces valeurs perdurera inconsciemment durant toute leur existence bien après avoir quitté le système scolaire et par la suite dans le monde de l’entreprise.


En février 2021, à l’occasion de son baromètre annuel (3), l’Observatoire de la laïcité à réalisé un sondage rassemblant 2 000 interrogés. Le résultat de ce sondage est sans appel : 59 % des sondés jugent que l’on n’enseigne pas assez la laïcité à l’école et près de deux tiers estiment que l’on ne donne pas assez de moyens aux professeurs d'enseigner la laïcité quand bien même celle-ci est censée être vecteur de rassemblement.


La cohésion de la nation dépend de nos idéaux républicains et s’apprend dès le plus jeune âge par l’éducation. Une étude du CNESCO de janvier 2020 (4) estime que 42% des élèves de 3ème ayant de faibles connaissances civiques estiment que les règles religieuses doivent primer sur les lois contre 12% des élèves ayant de très bonnes connaissances. Ce n’est pas une situation insoluble mais cela passe par l’éducation et dépend donc des moyens que donne l’Etat aux professeurs afin de pouvoir transmettre correctement ces valeurs. C’est dans l’intérêt de l’Etat de maintenir l’enseignement de ces valeurs, aussi bien pour maintenir la stabilité de la République que d’un point de vue sociétal et même économique.



L’appauvrissement du langage


« Chaque nouveau mot correctement assimilé est une nouvelle lumière qui vient réduire le champ obscur de notre ignorance, c’est à chaque fois une pièce manquante à notre puzzle intellectuel. » (p.51)

« La maîtrise de la langue française est sans doute la première garantie de la démocratie et du vivre-ensemble, et du fait de son recul, nous avons fort à craindre pour notre avenir commun. » (p.56)


Par les nombreuses leçons qu’il donne encore régulièrement plus de soixante-dix ans après sa publication, 1984 de George Orwell reste toujours aussi monumental dans sa capacité de prédiction. Le novlangue (désormais également appelé néoparler ou néoparle), langue créée par Orwell pour son livre 1984, est une langue délibérément modeste dans son vocabulaire. Bien qu’en France, l’appauvrissement du langage n’est pas délibéré, les conséquences sont les mêmes. La population se trouve dans une incapacité d’exprimer ses sentiments. Cette même incapacité qui se transforme en animosité et en agressivité populaire. Pire encore, le dépérissement du langage empêche une population de réfléchir à des concepts, des idées, l’intelligence générale de la population se réduit alors également.


Il n’y a aucune étude démontrant précisément un appauvrissement de la langue française. Toutefois, comme le témoignait Antoine Desjardins pour Marianne (5), il est très intéressant de consulter les archives INA pour découvrir le français courant du XXème siècle, celui parlé dans la rue, celui que nous utilisons tous les jours. Antoine Desjardins le décrit comme « un français beaucoup plus riche et soutenu qu'aujourd'hui, un français exempt de vulgarité, simple, mais solidement charpenté par une syntaxe correcte » et ce, que ce soit les moins-aisés « blousons noirs » du Square Saint-Lambert ou cet étudiant en médecine, Jean-Pierre Enard, alors inconnu, regrettant non sans malice, la création du livre de poche.



Jean-Pierre Enard, piégeant l’ORTF (a) - Capture d’écran : INA.FR


Si l’appauvrissement de la langue française était avéré, il serait important de réconcilier les jeunes et la prose, donner le goût du théâtre, de la poésie, du français en général, afin que l’on conserve la richesse de la langue française et les nombreuses nuances que son vocabulaire offre. Oui, elle peut évoluer, mais elle ne doit jamais s’appauvrir.



Le déclin de la sensibilité


« La crise de la sensibilité tient à notre incapacité croissante à donner du sens à nos vies, dans un monde qui nous vole sans cesse notre énergie, notre temps et notre santé. » (p.63)


Sommes-nous réellement plus heureux que l’étaient nos aïeux ? Certains diront que oui ; aujourd’hui, nous avons, tout du moins, en France, à peu près tout ce que nous voulons presque immédiatement. En tout cas, lorsque l’on parle de la satisfaction de nos besoins primaires. Mais la publicité massive et les réseaux sociaux auxquels nous sommes confrontés tous les jours semblent nous pousser à transformer nos besoins secondaires en besoins primaires. Ce sentiment de vouloir « toujours plus » crée un consommateur frustré de ne pas posséder et l’entraîne vers un état d’insatisfaction perpétuel.


Une étude de juin 2020 conduite par Xiaoyu Ge de l’université de Pékin (6) a montré une possible corrélation entre un déclin de la sensibilité morale et les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux entraînent leurs utilisateurs vers toujours plus de jalousie, de colère et d’angoisse. Mais surtout, les réseaux sociaux atténuent notre sensibilité et empathie à l’égard des autres, alors que nous y passons toujours plus de temps.


Au-delà des réseaux sociaux, une étude du CREDOC semble également démontrer l’installation progressive d’un climat de défiance généralisé en France.





Source : CREDOC, enquêtes « Conditions de vie et aspirations »

Champ : ensemble des Français âgés de 15 ans ou plus


Les raisons sont probablement multiples mais elles démontrent la désunion caractérisée des français; la République ne les réunit plus. La dégradation et destruction de symboles républicains par des gilets jaunes n’est pas anodine, elle est même symbolique. Au cours de la dernière décennie, les français ont été confrontés à des sujets clivants (le mariage pour tous, le djihadisme, la place de la religion en France,...). Mais la France a toujours été confrontée à des sujets qui opposaient fortement la population comme la séparation de l’Eglise et de l’Etat ou la place de la femme dans la société au XXème siècle. Pourtant, la République finissait toujours d’une manière ou d’une autre à réunir les français.


Aujourd’hui, le rôle de la République n’est plus rempli car la population a perdu confiance en elle. Au-delà de ne plus être correctement enseignée à l’école, plusieurs dirigeants ont entretenu une politique peu scrupuleuse, oubliant nos principes les plus anciens et notamment la protection des plus démunis, parfois dans leur intérêt propre. Les dirigeants qui, par le passé, ont façonné la France, demeurent l’incarnation même de la République française. Désormais, ils contribuent à ternir son image.


Oui, les français se font moins confiance, mais peut-on vraiment leur en vouloir lorsqu’une importante partie de la classe politique censée les représenter a déjà été mise en examen (b) ? A qui peuvent-ils faire confiance s’ils ne peuvent pas faire confiance à une République qui devrait les protéger ?



Comment résoudre cette crise de la nuance ?


Choisir le langage, la culture, l’éducation et la sensibilité comme axes de réflexion n’est pas un choix arbitraire d’Abderrahim Bouzelmate. Au contraire, ces quatre axes partagent un point commun, ils sont tous des vecteurs de cohésion sociale. Et logiquement, la décadence de ces quatre vecteurs éloignent toujours plus l’humain de l’autre.


Nous ne sommes pas tous sensibles de la même manière à ces quatre vecteurs. Toutefois, l’État doit tout faire afin de les promouvoir auprès des jeunes pour qu’ils soient sensibilisés à leurs vertus. Il est surtout essentiel que ce processus se fasse de manière égalitaire et qu’il soit accessible à tous.


Dans son livre, Abderrahim Bouzelmate évoque la gravité de la crise dans les cités. Mais ce n’est pas une situation circonscrite aux cités; le problème est le même dans certains territoires de province : la culture y est pratiquement inexistante et la qualité de l’enseignement est bien moindre que dans les grandes villes.


Une enquête de l’OCDE (7) de 2018 a démontré que l’ascenseur social était « en panne » en France où il faut désormais six générations pour qu’une famille modeste atteigne le revenu moyen. La même étude a démontré que la mobilité sociale était positivement influencée par les dépenses d’un pays dans l’éducation et que le milieu socio-professionnel de l’élève avait une grande influence sur sa réussite scolaire. Les inégalités territoriales exacerbent donc les inégalités entre individus d’un même pays.


Pour leur permettre de s’élever socialement, l’Etat doit transmettre aux jeunes le goût pour l’apprentissage et la culture à travers l’éducation. Pour se faire, il faudra un investissement massif dans l’enseignement et dans le secteur culturel en France notamment dans des territoires “abandonnés par la République”. Les dirigeants devront faire preuve de courage politique car cet investissement ne portera ses fruits qu’à long terme, mais il permettra de réduire les inégalités et, à terme, résoudre la crise de la nuance.


Décryptage Citoyen International a pour but principal de décoder l’actualité,

pour un citoyen plus éclairé.


Paul HANEY, rédacteur chez Décryptage Citoyen International.

Le 4 mai 2021



Notes :


a. Jean-Pierre Enard expliquera des années plus tard dans l’émission Apostrophes qu’il a commencé à lire Sartre, auteur sur qui il a écrit, grâce aux livres de poche. En réalité, il est fort probable qu’il se moquait de l’aristocratie dans cet extrait. Ce qui fait de lui l’une des premières personnes à piéger la télévision française.


b. Pour une liste non exhaustive, voir https://textup.fr/540300XQ



Pour aller plus loin :


Archive de l'émission « Au grenier du présent » sur l'argot de 1981


Passage de Jean-Michel Delacomptée dans l'émission « La Grande Librairie » sur France 5


Entretien avec Abderrahim Bouzelmate, auteur de La crise de la nuance, réalisé le 14 février 2020


Archive de France Culture sur l'accent parisien au début du XXème siècle


Article sur la surutilisation des références à George Orwell, Le point Orwell


L’importance de la nuance selon Samuel Klein


Article d’Aurélien Berthier, La légitimité des pratiques culturelles


Étude de BVA sur les habitudes des adolescents avec leurs smartphones


Article de Evita March et Genevieve Steele High Esteem and Hurting Others Online: Trait Sadism

Moderates the Relationship Between Self-Esteem and Internet Trolling


La Distinction, critique sociale du jugement (1979) publié par Pierre Bourdieu aux Editions de Minuit



Sources :


La crise de la nuance (2017) écrit par Abderrahim Bouzelmate, publié aux éditions Les points sur les i


Article Have Smartphones Destroyed a Generation? The Atlantic


Decline in Human Empathy Creates Global Risks in the 'Age of Anger', Zurich.com


Digital 2021 April Global Statshot Report, Hootsuite


Une consommation culturelle fracturée, Le Monde


Rebuilding Europe: The cultural and creative economy before and after the COVID-19, Groupement Européen des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs (GESAC)


Arc de Triomphe vandalisé : retour sur l’histoire d’un monument devenu symbolique, Le Parisien


Isolement social : mieux le comprendre pour mieux le prévenir et le combattre, Fondation de France


Articles, rapports et enquêtes cités dans cet article :


  1. PIRLS 2016 : évaluation internationale des élèves de CM1 en compréhension de l’écrit, PIRLS

  2. Cinquante ans de pratiques culturelles en France, Ministère de la Culture

  3. Etat des lieux de laïcité en France - Janvier 2021, Institut Viavoice

  4. Laïcité et religion au sein de l’école et dans la société : Une évaluation des attitudes civiques des collégiens et des lycéens, Centre national d’études des systèmes scolaires (CNESCO)

  5. Quand les archives de l'INA nous rappellent l'effondrement de la langue française, Marianne

  6. Social media reduce users' moral sensitivity: Online shaming as a possible consequence, Université de Pékin

  7. L’ascenseur social est-il en panne: Comment promouvoir la mobilité sociale?, OCDE